Étude de cas · Planera

Faire entrer l'IA dans la planification de chantier.

Planera est une plateforme de planification utilisée par les planificateurs, chefs de projet et conducteurs de travaux pour préparer, suivre et coordonner des chantiers complexes. Au cœur du produit : un réseau de milliers d'activités liées entre elles — le chemin critique — qui dicte l'enchaînement des tâches et la façon dont un seul retard se propage d'un corps de métier à l'autre, jusqu'aux jalons et aux échéances contractuelles. L'enjeu n'était pas d'ajouter une couche d'IA par-dessus un produit existant. Il fallait l'intégrer dans une façon de travailler déjà bien installée, où les planificateurs raisonnent toute la journée sur ces dépendances et où une mauvaise recommandation peut coûter des semaines. J'ai donc cherché à étendre l'IA à l'ensemble du produit, directement dans les fonctionnalités utilisées chaque jour, plutôt que de la cantonner à un assistant conversationnel dans une fenêtre flottante.

Rôle
Staff Product Designer
Période
2026
Secteur
Construction Tech
Focus
Planification · IA intégrée
Vue d'ensemble de Manny, l'assistant IA de Planera : menus contextuels, panneaux de chat, générateurs d'insights et relances
Manny, l'assistant IA de Planera, présent à chaque endroit du produit — actions contextuelles, réponses, insights et relances.

Contexte

Le planning de chantier ne pardonne pas.

Un planning de chantier, c'est des milliers d'activités liées entre elles. Le moindre changement se répercute sur le chemin critique, sur les corps d'état qui suivent, et sur les engagements pris auprès des parties prenantes. Planificateurs, chefs de projet et conducteurs de travaux passent leur journée à anticiper ces effets en chaîne.

Quand je suis arrivé, Planera avait déjà un assistant IA. Il savait répondre à des questions ponctuelles, mais il avait peu de visibilité sur ce que l'utilisateur regardait, sur le projet en cours, ou sur ce qui venait de changer.

Mon rôle

Staff Product Designer sur la surface IA.

J'ai travaillé avec la direction produit, l'engineering et l'équipe support pour définir comment l'IA s'intègre dans l'expérience de planification existante. Cela a couvert les patterns d'interaction, le design des parcours et la structure de quatre fonctionnalités liées : sélection de contexte, catalogue de requêtes, brief de projet partagé, et agent d'état d'avancement.

Contraintes

Ce qui rendait l'exercice difficile.

La plupart des problèmes n'étaient pas visuels. Ils venaient du métier et des personnes qui le pratiquent :

  • Une confiance limitée envers l'IA sur des décisions à fort enjeu.
  • Des utilisateurs issus du BTP, peu à l'aise avec les outils numériques, et tout aussi peu familiers de l'IA.
  • Des erreurs de planning qui coûtent cher — corps d'état décalés, jalons manqués, pénalités contractuelles.
  • Une logique CPM qui ne tolère pas l'approximation : une recommandation qui l'ignore est pire que pas de recommandation du tout.
  • Des utilisateurs qui vivent dans leur planning. Tout ce qui les en éloigne doit le mériter.
  • Une IA qui devait appuyer le jugement du planificateur, pas s'y substituer.

01

Sélection de contexte.

Le premier problème était facile à formuler, plus difficile à résoudre : le panneau IA et le planning étaient deux espaces séparés. On pouvait poser une question, mais pas dire simplement « je parle de ces activités, sur cette portion du planning, dans cette vue ».

J'ai conçu plusieurs façons d'apporter le contexte du planning dans la conversation : sélectionner des activités depuis le Canvas ou le Gantt, déclencher une action IA depuis les menus contextuels, ou ajouter des objets du planning comme contexte structuré dans un fil. L'idée n'était pas de rendre l'assistant plus intelligent dans l'absolu, mais de rendre intelligible, côté système, la question réellement posée.

Panneau IA de Planera avec des activités du planning ajoutées comme contexte
Sélection de contexte — du Canvas vers le panneau IA.

02

Catalogue de requêtes.

La sélection de contexte réglait une partie du problème. L'autre est apparue dès les premiers tests : à l'ouverture de Manny, les utilisateurs se retrouvaient face à un champ vide, sans savoir quoi demander ni comment le formuler. Le frein n'était pas technique, il était dans la confiance.

Le catalogue de requêtes a été la réponse. Chaque organisation démarre avec un jeu de requêtes par défaut, regroupées par thème — risques d'exécution, documentation des retards, analyse de planning — que les admins peuvent ajuster pour coller à leurs pratiques. Chaque équipe projet peut aussi créer ses propres requêtes. Les nouveaux ont un point de départ, les habitués un vocabulaire commun.

J'ai conçu cette brique pour qu'elle puisse évoluer. La même structure qui permet aujourd'hui à une organisation de curer ses requêtes ouvre la porte, demain, à une place de marché — où des requêtes pourraient être partagées entre entreprises, classées par corps d'état ou par type de chantier, comme les modèles circulent déjà dans le secteur.

Catalogue de requêtes de Planera, organisé par Execution Risk, Delay Documentation et Schedule Analysis
Catalogue de requêtes — un socle curé par organisation, que chaque équipe peut compléter.

03

Brief de projet partagé.

Le sujet suivant, c'était la mémoire. L'assistant accumulait discrètement de l'information au fil des conversations et des documents, mais rien de tout ça n'était visible. Impossible pour les utilisateurs de voir ce qu'il savait, de corriger ses erreurs ou de décider de ce qui devait compter.

Plutôt que de traiter cette mémoire comme une étape de configuration — un formulaire à remplir une fois pour toutes — je l'ai conçue comme un brief de projet vivant, co-édité par l'utilisateur et l'assistant. Rendre la mémoire visible a changé la nature de la relation : moins de boîte noire, plus de document partagé.

Page Brief de projet partagé : un document vivant maintenu avec l'IA
Brief de projet partagé — un document vivant de ce que l'IA sait du projet.

04

Agent de suivi d'avancement.

On a aussi exploré un agent qui rédige un point d'avancement structuré à partir des changements du planning — progression, écarts, impact sur le chemin critique, risques — et le remet au planificateur pour relecture, ajustement et envoi. L'IA fait l'assemblage ; la responsabilité de ce qui sort reste à l'humain.

Panneau de suivi d'avancement avec des analyses à lancer via Manny
Agent de suivi d'avancement — une synthèse générée pour les parties prenantes.

Réflexion

Ce que j'ai retenu.

Quelques convictions se sont précisées sur ce projet. L'IA est utile quand elle allège le travail d'assemblage autour d'une décision, pas quand elle prétend décider à la place. La mémoire doit être visible pour être crédible. Et la bonne maille de design n'est presque jamais « l'assistant » — c'est le processus que l'assistant est censé soutenir.

Étude suivante

Maxa — rendre les données de l'entreprise vraiment lisibles.